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“Par demande populaire” maréchal Tantawi Président!

Des affiches au Caire et à Alexandrie soutiennent le maréchal Tantawi, et lancent d’ores et déjà la campagne présidentielle. Le maréchal ayant affirmé qu’il ne comptait pas se présenter, il s’agit effectivement d’initiatives individuelles.

La date des élections présidentielles a beau rester très floue (mars, avril, mai 2012), et Tantawi a beau avoir récemment affirmé qu’il ne briguerait pas la présidence, des affiches à son effigie sont quand même apparues. Le maréchal des armées Tantawi est le chef du Conseil suprême des forces armées, autrement dit le chef du Conseil militaire qui gouverne l’Egypte pour la période de transition.

Le Conseil suprême des forces armées a très mauvaise presse auprès des Egyptiens qui suivent de près la politique. En effet, sa gestion de la période de transition laisse à désirer. Son rôle est normalement de protéger la population. Or la population a plutôt à se plaindre du Conseil, que ce soit à cause de ses actions ou de son inaction.

Les activistes arrêtés pendant des manifestations qui s’échauffent un peu, ou parce qu’ils ont critiqué l’armée, ont toujours le privilège d’être jugés devant des tribunaux militaires. La loi d’état d’urgence est en effet toujours en place.

Le pouvoir devrait bientôt revenir au Parlement élu, qui sera lui-même l’auteur de la prochaine Constitution, laquelle définira la nature du régime à venir (parlementaire, présidentiel, etc) et permettra aux élections parlementaires d’avoir lieu. Certains s’inquiètent d’une prolongation de la période de transition: la Constitution ne sera pas rapide à écrire et les élections présidentielles auront peut-être lieu très tard. En attendant, l’exécutif resterait entre les mains du Conseil suprême des forces armées (et du gouvernement de transition, certes).

Lorsque des Coptes ont été attaqués, pour diverses raisons et à divers endroits au cours de l’année, l’armée n’a réagi que faiblement et n’a pas empêché le bilan d’être funèbre. Le Conseil argue du fait que ses moyens sont limités et que l’armée ne peut pas être partout. Enfin, lors de la manifestation pour les droits des Coptes le 9 octobre, les forces de l’armée, de la police et/ou de la Sécurité centrale ont attaqué les manifestants et ont fait plus de 25 morts.

Plus tôt dans l’année, l’armée avait déjà fait preuve de violence en dispersant les manifestations, notamment celle des officiers du 9 avril. A chaque fois, évidemment, elle nie toute implication et rejette la faute sur une tierce partie., des étrangers ou des suppôts de l’ancien régime.

Les taux de crime ont paraît-il augmenté, parce que la police ne fait pas plus son travail qu’avant, voire moins, et les voleurs s’enhardissent, tandis que les criminels libérés pendant la Révolution ne sont pas tous retournés derrière les barreaux. La police militaire est débordée ou négligente.

Ajoutons à cela les multiples demandes de la Révolution qui n’ont jamais été entendues, et qui ne peuvent peut-être pas l’être tant qu’un gouvernement élu n’est pas en place : réforme des ministères, de l’éducation, plus de justice sociale par l’intermédiaire d’aides, de redistribution, d’augmentation des salaires, d’embauches, etc.

On comprend que la cote de popularité du Maréchal ne soit pas au zénith.

Pourtant, il est vraisemblable qu’il jouit d’un certain soutien, ne serait-ce que parce que beaucoup ne suivent pas attentivement la politique ou se contentent des informations des chaînes télévisées d’Etat, qui font sensiblement preuve de la même allégeance au pouvoir en place et à l’armée que pendant les décennies précédentes.

Popular demand for Stability (in red); above: Popular campaign for the Marshal as President; Demande populaire de stabilité (en rouge); Campaigne populaire pour la candidature du Maréchal comme président

Début octobre, le Maréchal s’était promené en habits civils dans le centre du Caire, montrant benoîtement sa capacité à endosser un autre costume… Un tollé avait fait écho à cette initiative pour le moins osée, et commentée avec bienveillance par les chaînes de télévision d’Etat. Le Maréchal avait alors affirmé qu’il n’avait pas l’intention de se présenter comme candidat. Le Conseil suprême des Forces armées assure régulièrement que l’armée est mal à l’aise avec son rôle politique et souhaite rendre le pouvoir aux civils au plus vite, même si beaucoup d’activistes ont des doutes à ce sujet.

Certes, le maréchal est un ancien homme de confiance de Moubarak et bénéficie de la sympathie populaire qui va généralement à l’armée. Mais il est réellement vieux et malade, et l’échelle de la campagne n’est pas (encore) impressionnante. Cette initiative est curieuse mais ne semble pas augurer du futur de l’Egypte.

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A qui profite le crime ?

Que l’armée ait eu intérêt à susciter ces violences est assez invraisemblable. Il serait bien plus logique qu’elle cherche à profiter de la confiance du public  pour conserver sa position et ses privilèges de garant de la nation. Pourquoi, en effet, souhaiterait-elle montrer au peuple qu’elle ne le défend pas, mais l’attaque ? Pourtant, cette question n’est valable que si, réellement, la majorité des Egyptiens se met à accuser l’armée d’avoir attaqué les Coptes, ce qui n’est peut-être pas être le cas. Ce qui n’empêche pas les tensions interreligieuses d’exister, malheureusement.

L’armée dispose d’un énorme capital de confiance et de vénération de la part du peuple égyptien, pour plusieurs raisons. Les guerres ont soudé le pays autour de l’armée. La propagande officielle n’a jamais été avare de l’image du soldat sauvant la nation, de défilés, de glorification de la guerre d’octobre –certainement parce que le pouvoir était détenu/ est détenu/ par des militaires. Enfin, pendant le soulèvement de janvier/ février, l’armée a soutenu la révolution, en ne l’attaquant pas, et en conseillant à Moubarak de partir.

Pourquoi certains activistes pensent-ils à une manipulation de l’armée?

La thèse de l’armée cherchant à susciter la violence et le chaos repose sur l’idée toute simple que l’armée et la police spéciale resteront au pouvoir tant que la loi d’état d’urgence restera en place, et que cette loi restera tant que la situation paraîtra dangereuse. C’est cette idée qui est principalement mise en avant par les activistes hostiles au régime militaire.

L’état d’urgence était censé disparaitre le 30 septembre dernier. Mais les événements d’août à l’ambassade israélienne (prise par des manifestants qui n’ont pas eu grande difficulté pour ce faire – certes il y a eu des arrestations après coup) ont permis de renouveler l’état d’urgence sans évoquer de fin.

Implication des anciens du régime Moubarak ?

On a une autre hypothèse, la thèse des foloul, c’est-à-dire des « restes » du régime de Moubarak. C’est une explication donnée par les média officiels, et par les Frères musulmans.

En cherchant à diviser le peuple et l’armée, ils discréditeraient la Révolution et regagneraient leur capital sympathie.

Cela dit, comment peuvent-ils espérer revenir? Les anciens candidats du PND (Parti National Démocratique, parti de Moubarak, dissous) n’auront même pas le droit de se présenter aux prochaines élections… Du moins c’est ce qui ressortait de l’amendement voté cette semaine, après beaucoup d’agitation, qui interdisait aux indépendants de se présenter, en établissant un scrutin seulement de liste : et tous ces candidats se seraient présentés comme indépendants, n’ayant pas encore reformé de grand parti.

Cependant, l’ouverture des inscriptions aux candidats aux élections législatives, ce mercredi, a vu des anciens membres du PND réussir à s’inscrire. Un magnat de la santé, nommé secrétaire général du PND dans les derniers jours du régime Moubarak parce qu’il était considéré comme un progressiste, Hossam Badrawi, avait déjà le 20 septembre fait reconnaître officiellement son parti (Ittihad- Unité).

Il faut aussi évoquer la thèse d’un complot de l’étranger concoté par, au hasard, et pêle-mêle: Etats-Unis, Iran, Israël, Arabie saoudite, etc. pour déstabiliser l’Egypte.

De vraies tensions interreligieuses

Il est néanmoins indéniable que la tension croît entre musulmans et chrétiens dans les quartiers/villages pauvres et peu éduqués. Il n’est même pas besoin d’aller jusqu’au risque de guerre civile évoquée par les adeptes des théories du complot,à savoir que les anti-coptes sont des salafistes manipulés par l’Arabie saoudite et que les Coptes violents cherchent à faire envahir l’Egypte par des puissances étrangères pour les protéger. L’égalité des chances est loin d’être respectée partout. Les brimades et les insultes envers les chrétiens sont monnaie courante dans certains endroits.  Il est vrai que les attaques envers les Coptes ne sont pas restées verbales. Des Coptes ont été tués parce que Coptes, sous Moubarak et depuis la Révolution. La construction ou la rénovation d’églises, dans le Sud de l’Egypte et dans les quartiers pauvres, reste une source de tensions: elle doit être autorisée par les les autorités locales, qui bien souvent refusent, de crainte d’irriter la population, ou, comme on l’a vu à Marynab, même avec autorisation, la population peut s’enflammer. Les rumeurs de complot, de Coptes retenant des chrétiennes converties à l’islam prisonnières dans des églises circulent aussi.  Il est vrai aussi que certains jeunes Coptes se sont radicalisés. La crispation de certains membres de la communauté musulmane est peut-être à mettre sur le compte d’une radicalisation  de l’islam de ceux qui regardent vers le Golfe, soit parce qu’ils en reviennent (ayant émigré à cause du chômage en Egypte), soit par effet de mode; ou encore sur le processus classique du bouc émissaire (la situation économique n’étant pas brillante pour une grande partie de la population, pourquoi ne pas blâmer la minorité); ou encore sur la participation active de la propagande d’Etat hier, et peut-être encore aujourd’hui, prompte à donner de l’importance à des affrontements interreligieux pour détourner l’opinion de l’absence de liberté politique.

Lorsque les Coptes ont protesté cette semaine, certes des musulmans les ont accompagnés,, certes tous ont pleuré pour les morts,  certes des salafistes ont ensuite cherché à aider et ont partagé la peine des chrétiens, mais lorsque les marches, avant l’épisode tragique, ont traversé le Caire, la sympathie manquait: c’était une manifestation de plus, qui perturbe le traffic, et pour des revendications qui ne concernent même pas 10% de la population…

Aujourd’hui, la plupart des Egyptiens ont-ils perdu confiance en l’armée?

La question est débattue. On s’échange des anecdotes « mon chauffeur de taxi disait que », « mon neveu a entendu des enfants lui dire que »… A moins d’aller interroger tous les Egyptiens pour savoir ce qu’ils pensent, on ne saura pas ce qu’il en est. Un article d’AlMasry AlYoum pense que les Egyptiens font toujours confiance à l’armée. En tout cas, pour le moment, pas de deuxième 25 janvier en vue. Evidemment, décider de s’en prendre à l’armée n’est pas la perspective la plus réjouissante qui soit pour les manifestants pacifistes de janvier, surtout quand on a à l’esprit ce qui se passe en Libye, en Syrie ou dans le Golfe.

Un mystère reste la raison pour laquelle les Egyptiens ne sont pas plus nombreux à réaliser qu’ils sont manipulés par la télévision d’Etat et qu’ils pourraient regarder autre chose (beaucoup n’aiment pas ONTV parce que c’est Sawiris -copte- qui l’a fondée, et qu’il a souvent eu des propos malheureux sur les musulmans, mais il y en a d’autres: Al Jazeera, Al Hurra, TV25 ….). Certes ces chaînes sont privées mais les paraboles fleurissent partout, au moins dans les villes.

La vidéo suivante est le programme de 5 heures du mardi 12, d’une chaine de télévision égyptienne, Al Masriya: on interviewe divers passants sur ce qui s’est passé a Maspero. Tous indiquent croire a la culpabilité d’agresseurs “étrangers”, “venus de l’extérieur”. Ils répètent que les Musulmans et les Chrétiens sont “une seule main”.

L’armée proteste de son innocence

Dans une conférence de presse, mercredi 12 octobre, le Conseil suprême des forces armées laisse entendre que les manifestants coptes avaient l’intention de faire dégénérer l’événement, et affirment que l’armée n’a pas pu tirer sur les manifestants à balles réelles, et que des soldats ont bien été tués, contrairement au démenti apporté hier. Néanmoins, les funérailles de ces soldats sont secrètes et leurs noms ne seront pas dévoilés, “pour ne pas briser le moral de l’armée”…

Que l’armée ait initié ou non les attaques meurtrières n’est au fond que secondaire : n’aurait-elle pas pu protéger les manifestants, si elle n’était pas son assaillant ?

Il est possible que, les victimes étant Coptes, les soldats se soient dit que ce n’était pas bien grave, habitués qu’ils sont au discours sur les violences interconfessionnelles manipulées de l’étranger.

En outre, les manifestants coptes avaient fortement chatouillé le sentiment corporatiste des soldats les jours et les mois précédents : ils avaient déposé une plainte contre l’armée pour le passage à tabac qui a eu lieu quelques jours plus tôt, et cela faisait des mois qu’ils disaient à bas le moushir… Lors des funérailles des morts de Maspero, lundi soir, la foule (majoritairement des Coptes, mais beaucoup de musulmans) scandait aussi « A bas le Maréchal ! A bas Tantawi ! ».

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Après Moubarak, la télé marche encore au pas

Par Nadéra Bouazza (contributrice)

Nombre d’Egyptiens redoutent le conservatisme du Conseil suprême des forces armées, notamment envers les médias. La transition déçoit et la lenteur des réformes est imputée à l’armée.

On prend les mêmes et c’est reparti pour un tour? Le Conseil suprême des forces armées, d’abord perçu comme le garant de la révolution égyptienne et des demandes émanant de la place Tahrir, est dorénavant la cible de vives critiques. D’autant plus que les méthodes utilisées rappellent étrangement celles utilisées sous l’ère Moubarak, notamment à l’encontre des médias. L’état d’urgence réactivé, les journalistes craignent d’être à nouveau muselés.

 

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Abbassiya: seconde bataille des chameaux ou bataille de la communication?

C’est à une lutte de symboles que se livrent l’armée et les manifestants opposés au pouvoir militaire. Après les heurts de vendredi et samedi dans le quartier d’Abbassiya, des responsables militaires accusent de trahison nationale le Mouvement du 6 avril, et celui-ci réplique en dénonçant les méthodes et la rhétorique dictatoriales du Conseil suprême des forces armées.
Le vendredi 22 juillet, après plus de deux semaines de ré-occupation de la place Tahrir et pas de changement notable, des militants ont décidé d’aller protester devant le siège du Conseil suprême des forces armées contre la dispersion des sit-in de Suez et d’Alexandrie par l’armée. On ne sait pas pourquoi ils voulaient absolument manifester ce jour-là alors qu’une grande marche coordonnée était prévue pour le lendemain. Ils étaient un ou deux milliers. Ils sont arrivés à Abbasseya, le quartier où se trouve le siège du Conseil suprême des Forces armées. Dans ce quartier, l’armée avait installé des dispositifs de sécurité (grillages, murs de tanks) pour les empêcher de passer.
Après les déclarations de ces dernières semaines sur le manque de civisme des campeurs de la place Tahrir, tant des militaires que des Frères musulmans ou membres d’autres organisations islamistes, beaucoup croient que tout manifestant est un vaurien qui se prend pour un révolutionnaire, met à mal l’économie égyptienne, détruit les propriétés privées, et calomnie la grande armée patriote.
Aussi essuient-ils des jets de pierre, venant de voyous engagés pour l’occasion, ou alors d’habitants du quartier s’imaginant attaqués.
Le Conseil suprême des Forces Armées publie sa 69ème Déclaration, où il accuse le Mouvement du 6 avril d’organiser la méfiance entre le peuple et l’armée. Un général s’exprime à la télé vision pour indiquer que bien évidemment, c’est pour servir les intérêts d’agents étrangers.  Il accuse des sites internet non nommés de monter le peuple contre l’armée (twitter, facebook, c’est pour vous!), et il remercie ceux qui ont attaqué les manifestants de s’être interposés entre eux et l’armée…
Le mouvement répond qu’il n’était pour rien dans l’organisation de cette marche, et que le Conseil suprême cherche à discréditer les mouvements d’opposition pacifique qui demandent la réalisation des espoirs de la Révolution. Le mouvement du 6 avril est le mouvement de société civile le plus organisé: il date d’avant la Révolution (Mahalla, 2008) et a dorénavant une antenne dans chaque gouvernorat. Il avait en effet, ainsi que d’autres mouvements et partis de la Coalition Démocratique, appelé à une marche, mais le samedi 23 juillet! C’est la date anniversaire de la révolution égyptienne de 1952, qui fut d’ailleurs un coup d’Etat militaire. Cette marche voulait soutenir les objectifs de la Révolution et protester contre le pouvoir politique détenu par l’armée, et contre la persistance de la comparution de civils devant les tribunaux militaires.  Elle a bien eu lieu, et elle a eu aussi pour but de défendre le 6 avril contre la calomnie. Le cortège se chiffrait en dizaines de milliers selon les participants. Elle s’arrête devant le blocage d’Abbassiya, où manifestants et militaires s’observent de chaque côté des barbelés.  Le temps du “peuple et l’armée, une seule main” est bien fini ici.

photo de Gigi Ibrahim. Rue d'Abbasseya bloquée par un mur de tanks.

Le soir, des affrontements ont lieu à nouveau. Ils durent plusieurs heures, surtout dans les rues de traverse, où certains des manifestants se retrouvent bloqués.  (photos dans cet article du blog d’un journaliste d’Al-Masry Al Youm)
L’armée, bientôt rejointe par la police militaire et les forces de sécurité, reste passive et se contente de tirer en l’air, tandis que les pierres et les cocktails Molotov pleuvent. Les manifestants, dégoûtés, retournent à Tahrir dès qu’ils sortent du quartier.
D’après le Ministère de la Santé, les heurts ont fait plus de 300 blessés.
Le même jour, le Premier Ministre Essam Sharaf dit que le gouvernement a bien l’intention de réaliser les demandes de la révolution, mais qu’il y a façon et façon de réclamer, et que le dialogue est la meilleure option.
Comme d’habitude, l’armée gronde et le gouvernement rassure.
Les manifestants ont l’impression de revivre l’opposition à Moubarak, avec la même désinformation dans les médias, la même tactique de bataille de rue, comme celle des chameaux sur la place Tahrir le 2 février, et les arrestations au hasard.
Le lendemain, Dream 2, une chaîne de télévison privée, pourtant, renvoie une journaliste, Dina Abdel Rahman. Elle avait eu l’impudence de lire un éditorial du journal Tahrir, qui critiquait la position du Conseil militaire envers le 6 avril.
Lundi, le Ministre de la Santé a reçu certains jeunes de la Révolution et a annoncé que des enquêtes seraient ouvertes sur les événements d’Abbassiya.

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Remaniement ministériel : beaucoup de bruit pour rien

Annoncé pour le lundi 18 juillet, 11ème jour de ré-occupation de la place Tahrir, le remaniement minsistériel a traîné jusqu’au jeudi. Cette mesure ne répond guère aux attentes des manifestants: elle leur semble artificielle, le gouvernement n’ayant qu’un pouvoir limité, toutes ses décisions devant recevoir l’aval du Conseil suprême des froces armées. Le Premier Ministre du gouvernement de transition, Essam Sharaf, dont certains avaient récemment demandé la démission, a annoncé que ce n’était qu’ « un début » dans la réalisation des demandes des protestataires de toute l’Egypte,  mais sans dire quelle serait la suite de ce début.

Qui plus est, plusieurs ministres très contestés sont maintenus en place.

Ainsi Mansour El-Eissawi, le Ministre de l’Intérieur, très controversé évidemment, à cause de la persistance de la brutalité policière et Mohamed Abdel-Aziz El-Guindy, Ministre de la Justice, critiqué aussi à cause de la lenteur des procès contre les figures du régime Moubarak, gardent leur poste.

Des membres du PND restent aussi, comme le Ministre de la  Coopération Internationale et de la Planification Fayza Aboul-Naga, et le Ministre de l’Environment Maged George, ainsi que le Ministre de l’ Education Gamaleddin Moussa. Avec des pourcentages avoisinant les 30 ou 60% d’illettrés suivant l’âge et le sexe, c’est pourtant un secteur critique.

Des personnalités trop associées au régime précédent ont quand même été renvoyées, comme Zahi Hawass, le très controversé Ministre des Antiquités, soupçonné de corruption, très lié au NPD, mégalomane, et il a presque été remplacé par Abdel-Fattah El-Banna, mais des doutes sur l’intégrité de ce dernier ont surgi, aussi la question est-elle encore en supsens.

Le Ministre de l’Economie et des Finances, Samir Radwan, a aussi été remercié. On lui reprochait d’avoir appartenu au PND de Moubarak, et pire encore, d’avoir été membre du Comité dirigé par Gamal Moubarak, le fils de Hosni. Il a été remplacé par Hazem Beblawi, économiste de renom. Il écrivait un papier hebdomadaire dans le journal d’Etat Al-Ahram, où il défendait vigoureusement les principes économiques du libéralisme. Il y critiquait également la politique économique de Moubarak. Il est l’un des membres fondateurs du Parti Social Démocratique Egyptien. Sa première interview accordée au Shorouq a pourtant déçu ceux qui attendaient de lui la mise en place d’un budget répondant aux désirs de “justice sociale” exprimés pendant la Révolution et les innombrables manifestations aux revendications sociales qui ont lieu depuis février. Il a en effet déclaré : « Si nous modifions le budget –qui a été établi légalement et avec l’accord du gouvernement- nous trouverons tous les jours quelqu’un qui nous demandera de le modifier encore une fois. »

Comme preuves de sa bonne volonté, Sharaf a nommé chargé de portefeuille du Développement politique et de la Transformation démocratique, le Dr. Ali Al Selmy, également deuxième vice-Premier Ministre et détenteur du portefeuille de l’investissement et des affaires publiques. C’est l’ancien Premier Ministre du Cabinet fantôme du Wafd.

Bahey al-Din Hassan, directeur de l’Institut du Caire d’Etude des Droits de l’Homme, s’est vu proposer le poste de chargé des droits de l’homme au ministère de l’Intérieur, mais il l’a refusé, car ce poste lui paraissait tout à fait creux.

(photo by Gigi Ibrahim) graffiti:"le peuple n'a pas cessé de vouloir la liberté= le peuple veut ENCORE la liberté"

D’autres ministres ont été remplacés, comme celui de l’Education supérieure et de la Recherche scientifique.

Le Ministre des Affaires étrangères avait démissionné de lui-même dimanche. Orabi était entré en fonction à la mi-mars, quand son prédécesseur, Nabil al Arabi, avait quitté son fauteuil ministériel pour celui de secrétaire général de la Ligue arabe. Orabi n’était guère aimé, principalement parce qu’il était ambassadeur en Allemagne quand les Moubarak avaient assidûment profité des soins prodigués par les hôpitaux allemands. Mohammed Kamel Omar, diplomate, a été choisi pour le remplacer principalement parce qu’il n’était pas très connu et ne risquait pas de se voir associé à la période Moubarak infamante. Néanmoins, le Conseil suprême des forces armées a indiqué qu’il n’approuvait pas la démission de Orabi. Jeudi, finalement, le changement a été accepté.

Le Wafd, parti libéral économiquement, est en bonne place dans ce gouvernement, avec le Ministre de l’Economie, mais aussi Mounir Fakhri Abdel-Nour, le Ministre du Tourisme, et Osama Heikal, nouveau Ministre de l’Information. Un seul homme de gauche a été nommé : Gouda Abdel-Khaleq, comme Ministre de la Solidarité.

Ce remaniement semble beaucoup de bruit pour rien aux manifestants, et apparaît comme une concession honteuse à l’autre bord, par exemple aux anciens syndicats affiliés au PND de Moubarak. En tout cas, il était un tel casse-tête qu’il a envoyé le Premier Ministre à l’hopital en début de semaine pour fatigue intense…

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Pourquoi les élections législatives ont-elles été repoussées ? ou Qui a peur des Frères musulmans?

Elles étaient censées avoir lieu en septembre. Ce ne sera pas le cas, a annoncé le Conseil suprême des Forces armées. Elles auront lieu vraisemblablement en novembre.

Le report des élections législatives a été annoncé pour satisfaire une partie de l’opinion. En effet, depuis l’approbation massive du replatrâge de la Constitution lors du référendum d’avril, certains protestent et réclament une Constitution avant les élections, ou au moins le report des élections. Ce sont des activistes qui étaient opposés à ce vote d’avril parce qu’ils voulaient une Constitution minimaliste mais démocratique, et tout de suite, et des libéraux, c’est-à-dire, dans le lexique de la vie politique égyptienne, des sécularistes militants. Bien sûr, on rétorquait à ceux qui voulaient quand même une commission pour rédiger rapidement une Constitution démocratique, qu’ils n’étaient eux-mêmes pas très au fait des us de la démocratie, puisqu’ils ne respectaient pas la volonté populaire qui avait donné son aval aux modifications de la Constitution.

Pour la manifestation et le sit-in à durée indéterminée du 8 juillet, l’un des mots d’ordre envisagés était d’ailleurs : « la Constitution d’abord ! ». Le plus fédérateur a finalement été : second vendredi de la colère. En effet, ce grand intérêt pour la Constitution ne vient que d’une partie de la population, beaucoup s’intéressent à des questions plus terre-à-terre.

Les échéances sont donc repoussées, mais leur ordre est maintenu : d’abord les élections, et ensuite la Constitution.

Mais pourquoi certains voulaient-ils « la Constitution d’abord ! » ?

Tout simplement parce qu’ils craignaient que les Frères musulmans ne soient les principaux rédacteurs de cette Constitution et ne fassent de l’Egypte un Etat islamique. Certes, diverses figures parmi les Frères musulmans ont voulu dissiper cette inquiétude, mais en vain.

Théoriquement, la Constitution qui fait de l’Egypte un régime militaire et présidentiel à l’excès avait été abrogée à la chute de Moubarak. Mais les amendements d’avril, concernant et libéralisant les conditions pour se présenter aux élections présidentielles, et limitant les pouvoirs de l’exécutif, l’ont de fait réactivée !

D’après les amendements d’avril aussi, néanmoins, le prochain Parlement élu a l’obligation de rédiger une Constitution.

Sa composition est donc primordiale puisque c’est elle qui déterminera les orientations de la Constitution. Or, vu l’état de la scène politique dans les campagnes à la chute de Moubarak, le parti qui apparaît comme pouvant mobiliser le plus de sympathisants dans toute l’Egypte paraît bien être les Frères musulmans. Depuis quelques mois, on assiste bien à une floraison de nouveaux partis, dont certains ont vraiment des moyens, comme El-Adl (la justice), ou bénéficient du soutien de militants motivés, comme les socialistes, mais il leur faut encore du temps pour se préparer.

Jusqu’à présent, certains partis et mouvements, comme l’Association nationale pour le Changement, d’El-Baradei, ont rendu publics leurs principes ou manifestes constitutionnels. Le mouvement du 6 avril débute une campagne de sensibilisation et de réflexion (page facebook).

Et récemment, le 7 juillet, juste avant la grande manifestation du vendredi, dans un timing conforme à ses habitudes (une concession la veille pour dégonfler la mobilisation), le Conseil suprême des forces armées a ré-affirmé qu’une nouvelle déclaration constitutionnelle, avant toute chose et pour dissiper les inquiétudes, serait édictée, qui déterminera les principes de la Constitution à venir.

Cependant, un Conseil national est déjà chargé de rédiger ces principes constitutionnels et a émis plusieurs recommandations, la dernière datant du 2 juillet ! Ce Conseil est composé de juristes et d’activistes.

Le texte demande un Etat civil et moderne, qui garantisse la liberté, la justice sociale et la dignité humaine.

L’article 2 est conservé. Il spécifie que la loi trouve sa source principale dans la sharia et que l’Islam est la religion de l’Etat. C’est un article qui pose problème mais que personne n’envisage de modifier, tellement les résistances seraient violentes et les dissensions fraternelles. Néanmoins le texte précisait que le gouvernement ne pouvait pas imposer de décrets religieux au peuple.

Enfin l’armée restait le protecteur de l’Etat, mais avec une obligation de consultation constante de la Cour suprême constitutionnelle.

La dernière déclaration des Frères musulmans ne fait rien pour arranger les choses: ils protestent contre l’idée d’un comité travaillant à la Constitution avant les travaux de l’Assemblée constituante proprement dite: mettre en place des principes qu’aucune Constitution ne pourrait modifier serait anti-démocratique. Ils appellent donc à une grande manifestation le 29 juillet, pour protester contre les protestataires! Selon eux, il y a en ce moment en Egypte une “minorité” qui dédaigne les intérêts de la majorité silencieuse…

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“Le bureau de vote ? Pour quoi faire ?”

Le suspense dans les élections législatives égyptiennes actuelles est presque inexistant, et ce n’est un secret pour personne ici en Egypte.  C’est le PND, le Parti national démocratique, celui du Président Hosni Moubarak qui est en place depuis bientôt 30 ans, qui va l’emporter. Le premier tour a vu une victoire écrasante des candidats présentés par le PND. Rares sont les localités où ils sont en ballottage avec des candidats de l’opposition.  Corollaire évident, le taux de participation est très faible, vraisemblablement inférieur à 10%. Les Frères musulmans ont indiqué mercredi qu’il renoncaient à participer au second tour, en signe de protestation contre la fraude électorale, le Wafd a fait pareil le jeudi, et la base du Tagammu réclame la même chose à la direction du parti. Le parti gouvernemental s’indigne de ce retrait et la Commission électorale menace de ne pas le reconnaître.

  • Victoire écrasante du parti gouvernemental

Le premier tour des législatives égyptiennes a eu lieu dimanche 27, le second tour de scrutin aura lieu une semaine plus tard, le 5 décembre. Le décompte des voix est officiellement terminé le mardi. Les candidats du PND l’auraient pour l’instant emporté dans une centaine de districts, l’opposition dans 6 seulement. Dans le Parlement précédent, pour lequel les élections, en 2005, avaient paru un pas vers la démocratisation, les Frères musulmans composaient le plus grand groupe d’opposition, avec 88 sièges. Cette fois-ci, ils n’ont rien gagné au premier tour, mais ils avaient 27 candidats au second.  Les autres indépendants, majoritairement “indépendants d’accord avec les principes du gouvernement”,  gardent 140 candidats en lice. Le Wafd en présenterait 4 et le Tagammu 6. Ces chiffres sont ceux donnés par le journal Al-Ahram, détenu par l’Etat.

  • Désertification des bureaux de vote

L’abstentionnisme des Egyptiens ne s’accompagne pas vraiment d’une position militante. S’ils ne sont pas allés voter, lorsqu’on les interroge, c’est par lassitude et désintérêt, « parce que ces élections ne sont que pour la forme », comme le formule un jeune homme désabusé. Ils ne pensent pas que la très faible participation réussira à faire passer un quelconque message au gouvernement. Un professeur d’une trentaine d’années, qui n’est pas allé voter cette année, nous a confié être allé voter avec enthousiasme en 2005 : « c’étaient les élections les plus libres depuis longtemps, mais cette année c’est une mascarade. La politique égyptienne, c’est un vieux film répétitif, ennuyeux, très ennuyeux ».

Deux femmes originaires de Giza avouent jovialement n’être pas allées voter parce que le candidat leur convenait. Elles savaient qu’il serait élu, mais elles ont de la sympathie pour lui, parce qu’il donne  à manger aux pauvres, qu’il a fait construire un hôpital, etc. Et puis, sur un ton fataliste, elles disent en souriant qu’il y a des gens bien et des gens mauvais partout. « Moubarak est très bien mais il est entouré d’incapables et de corrompus », d’après la plus âgée. Cette loyauté presque féodale ne laisse pas d’étonner, quand on sait l’attitude générale-critique- des Egyptiens à l’égard du gouvernement en général et du Président.

  • La politique égyptienne, un mauvais film

Malgré les démentis du PND et de la  Commission électorale appointée par le gouvernement, ces élections ont eu leur lot d’achat de voix jusqu’au seuil des bureaux de vote, d’intimidation des candidats et des électeurs de l’opposition par la violence, de bourrage d’urnes et de décompte approximatif. Il y aurait eu 16 morts et une centaine de blessés dans des violences liées aux élections.

Les Cairotes que nous avons interrogés semblent très pessimistes quant aux élections présidentielles de l’année prochaine. Ils les imaginent identiques aux précédentes, le candidat présenté par le parti au pouvoir et soutenu par l’armée étant sûr de gagner. Celles de 2005, après un assouplissement de la répression de l’opposition, et avec la présence d’observateurs internationaux, avaient laissé espérer une amélioration, mais cette année balaie cet espoir.

Il existe aussi des Egyptiens qui estiment que les élections se déroulaient normalement.

D’autres nous ont indiqué que la présence d’observateurs internationaux, réclamée par de nombreux pays, n’était pas  souhaitable : « c’est une question nationale, qu’on doit résoudre ensemble, pas avec des étrangers ».

Les Egyptiens qui ont quand même tenu à aller voter sont les partisans du PND, il y en a, les activistes de l’opposition et ceux qui ont eu le temps et la motivation, en ce jour de semaine, d’aller voter, et enfin bien sûr, tous ceux dont la voix a été achetée.

  • Elections Potemkine

Bulletin de vote. De droite à gauche: noms des candidats, catégorie (ouvriers, paysans, ou autres), symbole, et cases à cocher. Les petits symboles sont destinés à la nombreuse population analphabète.

Dans un bureau de vote d’un quartier populaire du Caire où nous sommes rentrés pour voir, se tenait une foule d’hommes dans la cour de l’école et dans les couloirs. Ils nous ont été présentés comme des observateurs locaux, garants de la transparence du vote dans ce bureau. Ils ne portaient pas de badge indiquant la raison de leur présence sur les lieux. Il n’y avait pas un seul électeur dans toute l’école. Les immenses urnes étaient presque vides, à 18h, une heure seulement avant la fermeture du bureau. L’isoloir consistait en un rideau assez court tendu à un angle de la pièce, au-dessus d’une table, et couvrant tout juste la tête et les épaules de l’électeur.

Un Cairote nous a indiqué qu’il était inscrit sur les listes électorales de son lieu de naissance, où il n’avait pas eu le temps de se rendre parce qu’il travaillait, et que par ailleurs, la perspective de perdre une journée de travail pour voter dans une élection réglée d’avance, et aller risquer un mauvais coup –son district est connu pour être favorable aux Frères musulmans- ne l’enchantait guère. Il a également insisté sur le clientélisme des élections: la plupart de ceux qui vont voter sont motivés par la promesse d’une aide quelconque, d’un emploi, ou par la somme reçue -150 £E dans son district, il l’a vu lui-même.

Une autre, électrice en puissance, n’a pas réussi à atteindre l’urne. Dimanche matin, dans son arrondissement, elle croise des policiers et leur demande où se situe le bureau de vote. « Pour quoi faire ? » s’entend-elle répondre. Après avoir répondu, fort logiquement, « pour aller voter », et avoir enfin obtenu les renseignements demandés, elle entre dans l’école transformée en bureau de vote, montre sa carte d’identité et se dirige vers les salles, lorsqu’on lui demande si elle est du PND. Ayant répondu que non, elle se voit alors signifier l’impossibilité de voter sur place, car elle doit voter à l’endroit où elle est recensée, sur son lieu de naissance.

L’étouffement de l’opposition en vue de l’élection présidentielle de l’année prochaine pourrait bien produire l’effet inverse de celui qu’espère le gouvernement. Pouvoir envoyer quelques opposants au Parlement constituait une soupape de sécurité.

En effet, jusqu’à présent, les Frères musulmans prônaient la participation pacifique et active à la vie politique du pays. Après l’échec total du premier tour, Mohamed Badie, guide suprême de la Confrérie, a annoncé qu’il envisageait de demander à ses candidats de boycotter le second tour.

[banalités du micro-trottoir] Dans la rue, beaucoup de mécontents du gouvernement disent que les Egyptiens sont un peuple conciliant et qui sait se contenter de peu, mais que sa patience a des limites et que la population risque de ne pas rester calme indéfiniment. Bien sûr,  une meilleure éducation et l’élévation du niveau de vie régleraient pacifiquement le problème et emmèneraient le pays vers une démocratie à l’occidentale mais le processus sera lent, déplorent-ils.

Pour prendre le pouls de la façon dont les Egyptiens critiquent leurs élections, on peut lire cet article d’Al Masry Al youm (« l’Egyptien aujourd’hui ») quotidien indépendant, et ce post d’un blogueuse égyptienne, ou encore cette interview amusante d’un fabricant d’affiches électorales.

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